Comme chaque année depuis 2012, des élèves du lycée participeront au Concours national de la Résistance et de la Déportation. Certains d’entre eux ont assisté au lancement de l’édition 2020 à Châteaulin.

Devant 250 collégiens et lycéens du Finistère, réunis dans la salle Coatigrac’h à Châteaulin, différents intervenants ont ainsi exposé les enjeux du sujet proposé en 2020, « 1940, entrer en résistance, comprendre, refuser, résister ». Les élèves sont invités à y réfléchir, individuellement ou collectivement. Ils pourront s’inspirer du témoignage des deux Résistants finistériens, Alexis Le Gall et Alain Bodivit.

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Alexis Le Gall, au centre, et Alain Bodivit, à gauche : deux Résistants témoignent devant la jeunesse

Alexis Le Gall fait partie des rares personnes qui ont, dès juin 1940, refusé la défaite française et cherché à continuer le combat. Il embarque ainsi, à 17 ans, pour l’Angleterre, afin de se mettre au service du général de Gaulle et de la France Libre, puis combat en Afrique contre l’Afrika Korps, à El Alamein, en Libye, puis en Tunisie. Avant de débarquer en Italie d’abord, en Provence ensuite pour participer à la libération de l’Europe de l’Ouest.

Alain Bodivit, quant à lui, un peu plus jeune que son camarade au moment de la débâcle de 1940, s’engage en janvier 1943. Il décrit, devant le jeune public ébahi, l’état d’esprit des habitants de Pleuven, sa commune d’origine, lors de l’arrivée des Allemands. Ainsi évoque-t-il la « catastrophe », avec des gens « désorientés », en plein « désarroi », dans la « détresse », dans « l’incompréhension ». « C’était une période noire, vraiment noire. Nous avions perdu la liberté ». C’est pourquoi, en 1943, il est « heureux de rentrer en résistance, même s’il fallait une bonne part d’inconscience ». Enfin, il lance son message à la jeunesse : « ce que vous avez de plus précieux, c’est votre liberté. Cette liberté, c’est comme l’air que vous respirez : vous ne savez pas qu’il est là. Mais si vous venez à en manquer, vous étouffez, vous mourez. Cette liberté, il vous faudra la défendre ». Alexis Le Gall n’est pas en reste : « Il faut s’engager pour défendre cette liberté, ce mode de vie, la démocratie. Il faut savoir lutter contre ces dictateurs. Gardez votre liberté, votre droit de parler. Soyez bons et généreux. C’est la générosité qui donne le bonheur ».

Après le témoignage de ces héros de l’histoire vient le tour des anciens lauréats du concours qui cherchent à expliquer ce que cela leur a apporté. Parmi eux, deux anciennes élèves du lycée Laennec :

  • Camille Coïc, vainqueure de trois prix en 2014, avec l’immense fierté de voir son travail sélectionné pour le jury national et qui a une nouvelle fois été récompensée en 2015. Poursuivant ses études à Bordeaux, elle a tenu à s’adresser à l’assemblée par le biais d’une petite vidéo.
Extraits du témoignage vidéo de Camille Coïc, élève du lycée Laennec de 2012 à 2015 et quadruple lauréate du CNRD, avec deux prix individuels et deux prix collectifs : "J’ai participé deux fois au concours national de la Résistance et de la Déportation. La première année, en 2014, nous avions travaillé avec mes deux camarades sur la libération du territoire en Pays Bigouden. L’année d’après, c’était sur la découverte de l’univers concentrationnaire et le retour des déportés. Nous avons eu la grande satisfaction les deux années consécutives d’être primés. Je m’étais promis que, si on avait une petite récompense via ce concours de la Résistance, je me lancerais dans des études d’histoire. J’ai tenu ma promesse. J’avais visité deux fois Sachsenhausen lors de voyages scolaires au lycée. La participation au CNRD m’a incitée à me lancer dans la recherche. Je travaille actuellement, après une enquête de terrain dans les pays baltes, sur une étude consacrée à la mémoire de la Shoah et aux enjeux du tourisme. Tout ce que les enseignants d’histoire ont fait pour moi quand j’étais au lycée Laennec et l’importance du concours [du CNRD] ont eu une influence énorme sur ce que je suis aujourd’hui et j’en suis extrêmement fière. Je ne peux qu’encourager les élèves à participer à ce concours-là".
  • Et Anzia Camus, qui a remporté, avec le lycée Laennec, le drapeau des collèges et lycées du Finistère en 2018.
    Le témoignage d'anciens lauréats du concours - PNG - 1.8 Mo
    Le témoignage d’anciens lauréats du concours
    A droite, Anzia Camus, côtoyant Alain Méléard, Président du Comité du Prix de la Résistance et de la Déportation, et le Résistant Alexis Le Gall.
    Le témoignage d’Anzia Camus (élève du lycée Laennec de 2016 à 2019) à Châteaulin le 11 décembre 2019 « C’est au lycée Laennec de Pont-l’Abbé, durant mon année de première que mon investissement dans le travail de mémoire s’est accentué. J’ai pu participer au Concours National de la Résistance et de la Déportation, qui selon moi, devrait être inclus dans les programmes scolaires. Y participer est déjà accomplir un acte de mémoire. Pour préparer ce concours, ma professeure d’histoire avait organisé pour notre classe un séjour à Paris nous amenant à visiter certains des plus grands lieux de mémoire de la capitale, et nous invitant à nous placer dans les pas de ceux qui nous ont précédés. Ce séjour nous a d’ailleurs tous remplis d’émotions et nous a fait prendre conscience de l’importance de notre passé collectif, de notre Histoire, surtout quand elle est si douloureuse. Suite à ce concours mon lycée a remporté le drapeau des lycées et collèges du Finistère, attribué par le jury départemental du concours de la Résistance et de la déportation. En terminale, je suis allée plus loin dans mon investissement en devenant ambassadrice de la mémoire et de la paix ; j’ai assisté aux cérémonies de l’année scolaire : celles de novembre 2018, à Pont-l’Abbé d’abord puis à Quimper pour les Cent ans de la fin de la Première Guerre Mondiale. J’ai également eu l’honneur de représenter les collégiens et lycéens du Finistère en étant porte-drapeau le 8 mai à Pont-l’Abbé ».

En clôture de cette après-midi, les résultats de l’enquête réalisée par les élèves du groupe 1 d’HGGSP sur la perception par les jeunes du travail de mémoire ont une nouvelle fois été présentés au public, après un premier exposé à Plougastel-Daoulas, le 26 octobre, lors de l’Assemblée départementale du Souvenir Français, puis le 11 novembre à l’occasion du Rendez-vous Mémoire et Citoyenneté à Fouesnant. Des dirigeants politiques, ainsi que des représentants d’associations mémorielles ont même demandé à être destinataires des graphiques issus de l’analyse des résultats de ce sondage.

Un véritable succès pour ce travail réalisé collectivement par Anaëlle, Eva, Stoyann, Emeline, Cédric, Emma, Pauline, Oan, Romane, Anaïs, Méline, Stan, Adrien et Célia. Bravo à eux pour la qualité des questions qu’ils ont préparées !