Jeudi 17 mars, les trois classes de 1re L et Es du lycée Laennec ainsi qu’une classe de troisième du collège ont pu assister à une conférence sur le « Journal d’Hélène Berr », animée par Mme Mariette Job. Nièce de l’auteur, Mariette Job a expliqué au public lycéen qui était Hélène Berr, une jeune française juive arrêtée et déportée en 1944 qui mourra au camp de Bergen-Belsen, et comment elle a fini par publier en 2008 son journal qui était resté longtemps un document confidentiel au sein de sa famille.

Convaincue de ses qualités littéraires, ainsi que de sa valeur exceptionnelle de document historique sur la période de l’occupation en France, Mariette Job a fini par convaincre un éditeur de publier le manuscrit qui a remporté aussitôt un succès considérable dans le monde entier. Il a en effet été publié en 26 langues à l’heure actuelle et a été vendu à des centaines de milliers d’exemplaires.

Les élèves des quatre classes, qui pour la plupart avaient déjà travaillé sur le « journal » ont tous écouté avec beaucoup d’attention la conférencière. Celle-ci leur a d’abord raconté les difficultés qu’elle a connues avant de pouvoir publier cette œuvre, notamment quand il a fallu retrouver le manuscrit resté en la possession de l’ancien fiancé de la jeune femme, qui l’avait gardé précieusement.

Mariette Job a su leur faire entendre la voix de cette jeune fille de 21 ans en 1942, brillante étudiante en anglais à la Sorbonne, qui raconte au début de son texte sa vie quotidienne relativement insouciante de jeune fille appartenant à un milieu privilégié, mais qui va vite voir l’étau se resserrer autour d’elle et de sa famille avec notamment l’arrestation de son père, envoyé à Drancy puis libéré sous caution momentanément, alors qu’il était médaillé de la grande guerre et donc théoriquement « protégé ».

Hélène Berr va tenir ce journal d’avril 1942 à février 44, jusqu’au moment où elle et ses parents, probablement dénoncés, vont être arrêtés, puis envoyés en déportation. Hélène raconte tout : le port de l’étoile, la rafle du Vel d’Hiv, les mesures vexatoires anti-juives, les réactions de la population qui ne comprend pas toujours ce qui se passe, les arrestations qui se multiplient, les familles qu’on arrête et dont on va chercher les enfants en nourrice, les « petits » dont elle s’occupe et qu’elle essaie de sauver en les envoyant clandestinement se cacher. Elle savait qu’elle risquait à tout moment de se faire arrêter et avait confié ses feuillets à la cuisinière de la famille. Elle meurt en mai 1945, après avoir été évacuée d’Auschwitz, juste avant la libération du camp de Bergen-Belsen.

Avec cette œuvre, elle laisse aux générations actuelles un témoignage de premier ordre mais aussi une réflexion qui reste très actuelle et dont Mariette Job a su faire partager l’intérêt avec les lycéens.

Mariette Job -  voir en grand cette image
Mariette Job

Mariette Job au premier plan, présentée par M. Le Chevallier.
(Sur l’écran, le portrait d’Hélène Berr)

Mariette Job 2