Invités à assister à une rencontre avec des héros de notre histoire, 17 élèves de 1re ES2 ont eu l’honneur d’entendre le témoignage du colonel Fred Moore et celui de cinq Résistants finistériens.

Dans le salon d’honneur de l’Hôtel de ville de Brest, sous la Présidence de MM. Jean-Luc Videlaine, Préfet du Finistère, Marc Coatanéa, vice-président du Conseil Régional, Marc Labbey, vice-président du Conseil Départemental, François Cuillandre, Maire de Brest, les lycéens ont eu l’occasion de découvrir des destins hors du commun.

Fred Moore : un parcours exceptionnel

Celui de Fred Moore d’abord : Chancelier de l’Ordre de la Libération, il s’est engagé le 1er juillet 1940 dans la France Libre, après avoir rejoint Londres, depuis Brest, le 19 juin. "Je n’ai pas entendu l’appel du général de Gaulle, le 18 juin, a-t-il confié, mais en revanche, en écoutant Radio Stuttgart, j’ai appris, par le speaker qui s’exprimait en français, qu’un rendez-vous était donné aux troupes de l’ex-général de Gaulle en mer avec leurs sous-marins. Je n’ai pas hésité."

Fred Moore et Alexis Le Gall
Fred Moore et Alexis Le Gall
Deux Résistants de la 1re heure engagés dans la France libre dès juillet 1940.

Il a ensuite participé à l’opération de Dakar, avant de contribuer aux combats des Français Libres, à Beyrouth, en Égypte ou en Tunisie. Il est aussi des opérations de la libération de Paris au sein de la 2e DB. Il combat enfin dans les Vosges, en Alsace et accompagne sa division jusqu’au Nid d’Aigle de Berchtesgaden (résidence d’été d’Adolf Hitler).

Pour plus de précisions

Contre le nazisme, l’occupation et Vichy

Alain Bodivit, Marcel Clédic, Jean Huitorel, Alexis Le Gall ou Charles Paperon ont, quant à eux, expliqué comment le refus du nazisme, l’opposition aux discours et aux positions du Maréchal Pétain (« chaque mot de Pétain était un coup de poignard », selon Charles Paperon), la révolte contre l’occupation et ses interdits, l’indignation devant la collaboration ont motivé leur engagement dans la résistance. Il fallait se dresser contre ce qui portait atteinte à nos si précieuses valeurs, celles de la République : Liberté, Égalité, Fraternité.

6 Résistants : un engagement exemplaire
6 Résistants : un engagement exemplaire
Charles Paperon, Marcel Clédic, Alain Bodivit, Jean Huitorel, Alexis Le Gall et Fred Moore

Des messages forts à destination des jeunes

"Ce que vous avez de plus cher au monde, c’est la liberté. C’est comme l’air que vous respirez, vous ne vous rendez pas compte qu’il est là. Si vous n’avez pas d’air, vous mourez… cette liberté, il faudra la défendre", tel est le message adressé par Alain Bodivit aux jeunes de 16-17 ans, soit l’âge qu’il avait au moment où il s’est engagé.

"Vous ne réalisez pas la chance, le bonheur que vous avez de vivre dans un pays démocratique. Il faut y aller. Sinon, vous le regretterez. Il faut faire, oser", n’a pas manqué de rajouter Alexis Le Gall, lui-même entré en résistance à 17 ans et demi.

"Osez ! Posez-vous la question : pourquoi ? comment ? Chaque matin… Il ne suffit pas de s’indigner, il faut oser !", a poursuivi Charles Paperon.

Les 1re ES2 avec Fred Moore
Les 1re ES2 avec Fred Moore
Juliette, Ninon, Sydney, Coraly, Margot, Julie, Bianca, Paul, Éva, et Évane en compagnie du grand Résistant.

Des témoignages conclus par Jean-Luc Videlaine, le Préfet du département : "l’entrée dans la Résistance constituait un acte individuel, un pas de côté, une sortie du troupeau, une « dissidence ». Mais cet acte n’aurait pas eu de portée politique, militaire, culturelle même, s’il ne s’était exprimé collectivement".

Autant de discours permettant aux élèves de s’interroger sur la valeur de l’engagement.
La citation de Pablo Picasso par Marc Labbey, "Non, la peinture n’est pas faite pour décorer les appartements. C’est un instrument de guerre offensive et défensive contre l’ennemi" contribuera, quant à elle, à nourrir leur réflexion sur le sujet proposé cette année au concours, "Résister par l’Art et la Littérature".